À Bikalik, alors que Ntoutoum Mfoulou était sur le point de violenter Nsur Ngom, Beka b’Oyono arriva. Il leur dit qu’on ne frappe pas les prisonniers ; leur seule présence dans ce village est déjà un signe que chacun doit purger sa peine. Frapper ou tuer un prisonnier revient à désobéir aux lois d’Engong, chères aux pères fondateurs, et l’auteur de tels actes s’expose à de graves sanctions. Pour finir, il leur annonça qu’ils étaient attendus à Evua Nnam, la grande et vaste cité de la richesse chez Medza.
Les trois frères acceptèrent les conseils de l’ancien et lui demandèrent le chemin pour se rendre à leur rendez-vous. Ce qui leur fut indiqué.
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Sur la route, les voilà traversant à toute vitesse le village d’Ebè Melo Me Nnene, l’homme qui avait remporté la course de vitesse face à Engbwang Ondo. En effet, le monde entier sait qu’Engbwang est un athlète sans pareil, mais les habitants d’Okü pensent depuis longtemps qu’Ebè, autant il est champion chez eux à Megnung Eko Bègn, autant il peut vaincre Engbwang d’Engong.
Un jour, afin de mettre fin au débat, un duel fut organisé entre les deux athlètes. Ils devaient courir sur une distance reliant les villes de Libreville à Bitam. Les invitations furent envoyées et une énorme somme d’argent fut déposée à Bitam pour le vainqueur. Azeghe Mbog Ona, du clan Yembong et arbitre de la course, lança le départ.
Ebè demanda à Engbwang de partir le premier. Sans attendre, celui-ci s’élança à vive allure à travers le vent. Arrivé à Oyem, il ne vit ni son adversaire derrière lui, ni encore devant lui. Il se dit alors qu’il ne pourrait plus jamais le rattraper. Lorsqu’il atteignit les trois kilomètres avant la ligne d’arrivée, il entendit deux violentes détonations dans les airs :
— Kouin ! Kouiinnn !!!
Arrivé à destination, Engbwang réclama l’enveloppe. Azeghe Mbog lui répondit :
— Quelle enveloppe ? Ton adversaire a été le premier à franchir la ligne d’arrivée, et cela fait plus de deux heures qu’il est déjà reparti.
Engbwang s’exclama :
— Akiééé ! Avant que les gens ne soient au courant, je vais devoir anéantir la terre entière !
C’est alors que Zama Ye Mebeghe trancha cette affaire en suppliant Engbwang de trouver d’autres solutions.
Je sème le vent !
— Oui !
Je tire l’éléphant !
— Oui !
Que les oreilles écoutent !
Qu’elles écoutent le Mvet !
Les trois frères arrivèrent à Engong. Les femmes les accueillirent avec des cris de joie après avoir appris la tenue de la réunion secrète des hommes au sujet de la question posée par Obiang Medza à son père. Elles leur donnèrent de premiers conseils tout en se réservant le droit de ne pas outrepasser les limites réservées aux femmes.
Je sème le vent !
— Oui !
Je tire l’éléphant !
Mon arrière-grand-père, Ozome, du clan Essabedzang, était un joueur de Mvet.
Il m’écoute et demeure à mes côtés, au village comme en ville, lorsque je parle du Mvet.
Le fils de Ntougou Be est la lampe qui éclaire l’obscurité, une eau naturelle qui étanche la soif.
ZUE, je mourrai en transmettant le Mvet à la jeunesse du monde.
— Papa, Maman, pourquoi dois-je mourir pour le Mvet ?
Que les oreilles écoutent !
Qu’elles écoutent le Mvet !
La suite dans jeudi Anthropologie prochaine de l’ONG Génération Ekang
Extrait : du livre de venant Debomame
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