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Le 10 décembre 2025, à New Delhi, en Inde à l’occasion de la 20e session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel, le Mvet Oyeng a été officiellement inscrit sur la représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Il est douloureux de constater qu’au moment même où le Gabon pose un acte noble, élevé et salutaire pour la mémoire africaine — l’inscription du Mvët Oyeng au patrimoine culturel immatériel de l’humanité — certains s’emploient à semer le doute, à fragmenter l’héritage et à opposer des catégories qui, dans la pratique ancestrale, ne se sont jamais exclues.

 

Nos anciens, ceux du Septentrion comme d’ailleurs, ont écrit, chanté et conté le Mvët sans jamais convoquer ces débats d’appartenance rigide. Le Mvët circulait par la parole, par l’initiation, par la maîtrise du verbe et de la harpe sacrée — non par des étiquettes figées. L’appartenance ne s’est jamais posée, parce que le Mvët appartenait d’abord au savoir, à la mémoire, à la cosmogonie vivante, et non à la division.

Comme l’a dit Venant Debomame : « Laissons ceux qui présupposent que le peuple Fang appartient uniquement au Gabon et à tous ceux qui parle Medzô Nna exister dans leur imaginaire collectif. C’est leur droit. Nous, les Ekang, savons qu’il existe une communauté Ekang en Afrique centrale repartie sur 5 pays ; Gabon, Cameroun, Congo, Guinée Equatoriale et Sao Tomé & Principes, sous plusieurs groupes parmi eux les Fang. C’est le seul peuple auquel nous savons, et nous croyons à son histoire et culture commune depuis la vallée du Nil, terre où il a participé à la construction de la première civilisation restée aujourd’hui inégalée ».

Aujourd’hui, alors que l’État gabonais honore cet héritage devant le monde, sa première inscription du genre sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel, on cherche à le discréditer, à en faire un objet de querelle intellectuelle, comme si nos ancêtres avaient besoin de nos polémiques pour exister. Cette démarche attriste. Elle attriste profondément.

Car pendant que nous discutons de mots, l’essence du Mvët — l’éthique, la bravoure, la transmission, l’ordre du monde — s’efface derrière les egos et les fractures modernes.

Nos ancêtres doivent être déçus.

Déçus de voir leurs héritiers transformer un acte de reconnaissance universelle en champ de bataille identitaire.

Déçus de voir la science être utilisée non pour éclairer, mais pour diviser.

Le Mvët n’a jamais été un instrument de séparation. Il est l’arbre à palabres de la mémoire, un pont entre les lignages, une voix plus ancienne que nos frontières mentales actuelles.

Le remettre en cause aujourd’hui, c’est oublier que ce qui nous a été transmis ne nous appartient pas en propriété, mais en responsabilité.

Honorons donc cet acte.

Respectons la pluralité sans déchirer l’héritage. Mobilisons nous pour des actions avenir portées par des autorités en impliquant ONG et d'autres associations comme Génération Ekang.

Et rappelons-nous, surtout avec humilité, que nos ancêtres parlaient d’unité quand nous parlons de clivage.

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Plus d’Informations
ONG Génération Ekang

www.generationekang.fr

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+(241) 077 531-641 II 077 514-352

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Tag(s) : #Afrique, #Gabon, #Cameroun, #Guinée Equatoriale, #Congo, #Mvett, #Generationekang, #VDebomame
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